
Contre toute attente, en tant que travailleur indépendant, il n’est pas si simple d’établir sa grille tarifaire. Tiraillé entre la peur de proposer des tarifs prohibitifs au point de faire fuir la clientèle ou au contraire, de se retrouver bien au-dessous des prix du marché, vous ne parvenez pas à trouver le juste milieu? Vous avez peur de ne pas «assumer» vos tarifs? Voici nos conseils.
Déterminer la valeur de son travail
On devient thérapeute parce que l’on souhaite plus que tout aider et prendre soin des autres… à tel point qu’il est parfois facile d’oublier que l’on mérite d’être rémunéré pour cela – un comportement tout à fait louable… mais qui vous conduira rapidement à mettre la clé sous la porte! Car oui, bien évidemment, comme n’importe quel travail, votre activité doit vous permettre de vivre décemment, mais aussi de payer les charges inhérentes à votre profession: le loyer de votre cabinet, le mobilier et l’équipement dont vous aurez besoin, l’électricité, l’eau, un éventuel véhicule de fonction, et autres. Il est essentiel de lister l’ensemble de vos frais (sur un mois par exemple), avant de déterminer le tarif de vos consultations et de vos différentes prestations, car ce que vous gagnerez devra au minimum couvrir ces dépenses obligatoires. C’est ensuite à vous d’ajuster raisonnablement ce prix en fonction de vos besoins pécuniaires personnels.
Jeter un œil sur la concurrence
Étudier les tarifs pratiqués par quelques autres thérapeutes de votre canton (ou même d’autres cantons) est une bonne piste de départ. Même si leur spécialité n’est pas rigoureusement la même que la vôtre, leurs tarifs peuvent constituer une base de référence. L’erreur à ne surtout pas commettre est de proposer, pour le même type de prestations, des tarifs beaucoup plus abordables – que ce soit dans l’optique d’attirer la clientèle ou sous prétexte que «vous démarrez» votre activité. Rien ne vous oblige non plus à vous aligner strictement sur les tarifs pratiqués par vos confrères. Si vous estimez que votre expertise, associée aux soins et prestations que vous proposez, mérite d’être mieux rémunérée, vous êtes en droit de fixer le tarif que vous jugerez le plus cohérent. Celui-ci doit refléter à la fois le temps consacré aux soins et votre savoir-faire. Vous et vous seul savez ce que vaut votre travail. Dans l’esprit collectif, il va de soi qu’un thérapeute établi depuis 10 ans puisse demander 20% de plus qu’un thérapeute débutant, mais si ce dernier a pris la peine de se former à plusieurs spécialités, il est tout à fait compréhensible qu’il valorise son expertise.
Proposer une gamme de tarifs
Rares sont les thérapeutes proposant un tarif unique quelle que soit la prestation effectuée. La première séance avec un nouveau patient doit, par exemple, bénéficier d’un tarif particulier: il vous faut apprendre à connaître ce patient, déterminer ses besoins, lui expliquer votre approche, etc. Cela prend souvent plus de temps qu’une séance de soin ordinaire. Ainsi, sur la base du temps passé, certains fixent un tarif plus élevé pour ce premier contact; d’autres, au contraire, font le choix d’offrir cette première consultation. Ceci n’est toutefois pas toujours la meilleure chose à faire: non seulement vous dévalorisez votre travail, mais le client n’aura pas eu l’impression d’être «pris en charge» (car il n’aura rien déboursé pour cela). Notez par ailleurs que selon le type de soin proposé, le matériel et/ou les produits utilisés et le temps nécessaire pour l’effectuer, les tarifs pourront être très différents. En parallèle, il est fréquent que les thérapeutes proposent des forfaits (de cinq ou dix séances par exemple) une fois que la problématique du patient est bien cernée. Ceci permet à ce dernier de bénéficier d’un tarif préférentiel, et vous permet de pouvoir compter sur une certaine rentrée d’argent pendant quelques temps.
Assumer et justifier ses tarifs
Quelle que soit votre grille de tarifs finale, qu’ils soient plus bas ou plus élevés que la moyenne, vous devez être à même de l’expliquer à vos clients. Un tarif jugé «trop bas» peut être interprété comme un manque de confiance ou d’assurance – alors que votre objectif était peut-être simplement de demeurer accessible au plus grand nombre, y compris aux patients les moins aisés? Que vous estimez plus honnête de faire vos preuves avant d’augmenter vos tarifs? À l’inverse, un tarif jugé «trop haut» peut rendre les patients méfiants et/ou très exigeants vis-à-vis de vos prestations; ceux-ci s’étonneront, par exemple, de ne pas observer de résultats dès la première séance. Alors que vous avez simplement fixé un tarif en accord avec vos compétences et vos talents, ainsi qu’avec les frais que vous avez vous-même engagés pour pouvoir proposer ces prestations.
Enfin, retenez que vous devez être vous-même convaincu de vos choix tarifaires et de votre légitimité à les avoir établis ainsi, pour ne pas sombrer dans le syndrome de l’imposteur – un trouble qui n’épargne pas les travailleurs indépendants tels que vous. Dans le cas contraire vous pourriez travailler plus que nécessaire (et vous épuiser) dans l’espoir de prouver que vous méritez d’être rémunéré.














